RUNNER VEGAN : RUDY PATEL


Rudy Patel, 33 ans, je travaille en tant que contrôleur de gestion. Mes passions, jouer à de vieux jeux vidéos, cuisiner pour les ami-e-s (avec un projet en cours auquel je suis associé : La Cantoche !), le sport, les mangas, la politique ?! et surtout la musique métaaaaal !!!

Vous êtes un athlète vegan ?

Je me considère plutôt comme sportif, pas vraiment comme athlète. Ce mot m’évoque une dedication intense au sport, une recherche de la performance et un haut-niveau. Pour ma part, il s’agit plus d’une activité de plaisir, de relaxation, de méditation ou on se connecte à son corps, à ses sensations. Au cœur de ma motivation au sport, j’aime me sentir vivant quand je cours, quand je suis sur des rollers, dans une piscine ou que je joue au badminton. Pour autant, l’envie de se dépasser, d’aller au bout de ses limites m’est tout aussi importante, d’aller encore plus loin en terra incognita. J’ai envie d’aller plus loin avec mon corps.

Pouvez-vous nous parler de votre engagement pour la cause animale ?

Il y a 5 ans, j’avais une l’occasion de tester le végétarisme deux jours, une semaine, et après ça… wow ! j’étais toujours vivant ! J’étais même en super forme ! Aussi, pour moi, ça a été l’évidence, je suis devenu végétarien. Quand je me rappelle mes débuts, cela m’évoque l’inverse de la citation de Mark Twain : « Ils savaient que c’était possible, alors ils l’ont fait. ». Ma porte d’entrée a été l’écologie qui représente une application de la philosophie de l’approche systémique. Pour résumer, le tout n’est pas la somme des parties, il y a des synergies. Les causes et les effets nécessitent de regarder le contexte autour. Je me suis tourné vers la cause animale car celle-ci est un vrai point névralgique au cœur de problématiques multiples avec des ramifications lointaines. Il y a un réel besoin d’en parler, des enjeux lourds au niveau économique, éthique, social, sociétal, éthique, sur la santé et des risques et du chemin à parcourir. Je suis bénévole dans plusieurs associations dont l’Association Végétarienne de France, Veg Nature Lorraine, 269 Life France. J’aime beaucoup aller parler aux gens, leur demander ce qu’ils en pensent, les questionner sur telle ou telle pratique, leur donner des informations, les faire réfléchir sur la cause animale, le tout avec humour et bonne humeur. Depuis deux ans, je participe à l’organisation d’événements avec Veg Nature Lorraine tels que des apéros thématiques autour des fromages végétaux, des barbecues, des conférences, des soirées au restaurant, des cours de cuisine, des balades et des pique-niques. J’ai l’impression de faire quelque chose d’utile et de nécessaire, les végétariens peuvent être isolé-e-s face à un entourage qui peut leur être hostile avec les questionnements récurrents et les idées reçues véhiculés sur les végés, cela les amène des fois à renier leur philosophie de vie et c’est dommage. Ils ont besoin de se sentir compris dans leur démarche, de pouvoir souffler de temps à autre, d’être en paix, de pouvoir échanger entre végés.

Pouvez-vous nous décrire votre dernier semi-marathon ?

Mon dernier semi-marathon a été tout récent, le dimanche 5 mars à Nancy. Il a été en même temps difficile et agréable. D’un côté, je n’avais jamais réalisé de semi-marathon en mars, ce qui implique de braver le froid des fois par -4 ou -6 pour aller s’entraîner alors que la tentation est grande de rester chez soi emmitouflé dans une couette à manger devant une série, (ce qui arriva plus d’une fois en fait. Le jour J, ça a été un sacré défi car il faisait plus froid que d’habitude ce jour-là avec une diminution de 4 degrés par rapport à la veille. De plus, la qualité du parcours a été revue du fait de l’état d’urgence. De l’autre côté, je n’avais jamais couru un semi-marathon avec du bon gros son métal en fond (playlist Spotify disponible en partage pour qui voudra. Ça m’a accompagné, boosté quand je voyais qu’on croisait le même passage et donné de l’énergie et de la bonne humeur tout le long ! Vive Destrage ! J’ai été assez surpris car par rapport à mes premiers semi-marathons où je m’en suis sorti plutôt en forme. Pas de coups de pompe, pas de muscles tétanisés au cours de la course, les courbatures étaient finies en deux jours, pas d’autres douleurs particulières. Mon seul regret est de n’avoir pas pu combiner mon entraînement pour la course avec de la natation cette fois-ci.

Ce brunch vegan a l’air très appétissant, qu’est-ce que vous y mettez ?

Ahah !

C’est ça qui vous fait sourire ?Mdrrr ! Ce sourire, baaaahhhh, j’en sais trop rien, j’ai été livré avec. Ce que je peux en dire c’est que je me définirai comme épicurien  (D’ailleurs, Epicure était végé !). Le plaisir au jour le jour sans compromettre demain. Eviter le stress inutile. Aller au bout de ses rêves. Le plaisir c’est un des ingrédients pour la recette d’un bonheur bio car le seul intrant, c’est soi-même. Et pour cultiver son soi, j’ai quelques phrases qui me font écho comme Voltaire « Cultiver son jardin » ou Paolo Coelho, « Le chemin est tout aussi voire plus important que le but à atteindre. ». Ce sont des recettes pour vivre au présent, sans pour autant être déraciné du passé, tout en considérant le futur. J’aime aussi à me rappeler que cette présence au monde, je la dois à d’autres lectures comme Bernard Werber quand il parle de la méditation et de la connection aux 5 sens. Être soi-même, c’est aussi habiter le monde et les 4 accords toltèques ont été une révélation. Il s’agit de : Avoir une parole impeccable – Ne pas faire de suppositions – Ne pas prendre personnellement – Faire de son mieux. C’est un livre à mettre dans toutes les mains !

Le cri de la carotte  ?

Ça me rappelle un sketch vu dernièrement ! Il se concluait par « J’ai jamais entendu de salade crier, mais j’ai déjà entendu de la carotte rapper. » mdrrr. Le cri de la carotte plus sérieusement, c’est l’expression d’un paradoxe entre la conscience de la souffrance ce qui vit dans ce monde et la négation de celle-ci par un comportement qui engendre cette souffrance.

Les colipays ?

Les colipays, c’est « Ôtéééé, La Réuniooooon ! » (Référence à une publicité locale) avec de bons fruits locaux qui rappellent le goût « péi ». Ça fait plaisir d’en recevoir quand on est loin de l’endroit où on a passé toute sa jeunesse et qu’on a envie d’être réunionnais à nouveau vivant les doux moments assis autour du table à manger à dépioter des letchis tout juste cueillis de l’arbre du jardin.

Vous êtes plutôt ALF ou plutôt Matthieu Ricard ?

Je me situerais entre les deux approches. J’apprécie ce que fait ALF et Matthieu Ricard et j’ai construit mon action avec les deux. D’une part, dans la protestation et de l’autre dans l’accompagnement. J’aime pour cela l’approche de la désobéissance civile qui se nourrit des deux approches. Il s’agit dans un premier temps d’ouvrir la discussion, de poser les revendications et les solutions, de construire une relation gagnante-gagnante, de faire preuve de bienveillance même face à son « ennemi » car au final, nous faisons tou-te-s pour le mieux et nous sommes tou-te-s convaincu-e-s d’être de bonnes personnes. Face au refus de construire ensemble qu’on engage une graduation du rapport de force et de l’action non violente en laissant la porte ouverte aux négociations.

Si vous étiez président, quelles seraient vos premières mesures pour les animaux ?

C’est vrai qu’on est en pleine campagne présidentielle ! Je dirai que : « Moi… président… je signerais les 30 points du manifeste Animal politique, j’abolirais la corrida et interdirais les cirques avec animaux ; comme au Portugal,  je créérais une option végétalienne obligatoire dans tous les établissements publics ;  je créérais un ministère de la condition animale et de la lutte contre le spécisme ; comme en projet aux Pays-Bas, je taxerais plus fortement les produits carnés et je subventionnerais les productions végétales pour la reconversion des éleveurs ». Je te fais ça demain si tu votes pour moi.

Côté B12 ?

La B12 se porte bien, je prends de la VEG1 quotidiennement comme conseillé par la société vegane et toutes les associations. Je suis inscrit sur le groupe Facebook « Vive la B12 » pour me tenir informé du sujet. Du reste, ça faisait deux ans que j’avais pas fait de prise de sang et le résultat montre que je suis toujours en super santé !

Vos prochains challenges sportifs ?

Mon rêve serait de faire la diagonale des fous à La Réunion ! Là où j’ai grandi ! C’est un trail réputé qui attire des coureurs du monde entier et que les meilleurs finissent en 23h00 ! On traverse tout le cœur de La Réunion, dans les cirques, les montagnes en traversant des forêts luxuriantes ! Mais avant… je vais sûrement faire quelques trails en Lorraine à travers les forêts et les montagnes et espérer croiser des cerfs ou des renards.

A quand un marathon ?

Pour mon tout premier marathon, j’espère bien être sur la ligne de départ du marathon de Paris le 9 avril ! Ce serait génial ! Sauf que je me suis pas pris en avance et que je recherche ardemment un sésame ! J’ai beaucoup de mal avec ce qui se fait en avance.

Votre relation au monde… non vegan ?

J’en suis plutôt satisfait car j’aime être dans l’échange, parler de veganisme, d’alimentation, d’écologie alors les questions me permettent d’agir pour faire avancer la réflexion, semer des graines qui vont peut-être germer. J’essaie tout au mieux d’être dans la confiance avec des non vegans permet de garder l’esprit ouvert, de leur permettre d’interroger le veganisme. Au delà des discussions, j’aime à inviter pour une bonne bouffe à la maison, faire découvrir mes dernières trouvailles de légumes anciens, des recettes d’un terroir oublié, d’associations improbables (Le samoussa de fromage de cajou, c’est une tuerie et ça met tout le monde d’accord !).

A quoi pensez-vous pendant une course ? 

« Hmm, quel morceau de musique mettre après ? » « Arghhh, ce vent de faaacceee, fais ch*** » « Ooohh une descente, je vais aller plus vite sans effort », « Il est quelle heure ? Je vais encore arriver en retard à la réunion… bah … tant pis », « Après ça, je vais me faire une de ces platrés ! », « Wow ! trop beau le coucher de soleil aujourd’hui ! », « Wow trop bien du soleil, je vais pouvoir bronzer en même temps ! », « Allez, vas-y, lâche pas l’affaire, toujours plus vite, toujours plus haut (la voix du mélo). Je cours car on se sent vivre !

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